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L'agression Sexuelle: Dissiper les mythes

 

MYTHE: Les agressions sexuelles ne sont pas un problème répandu.

FAIT : Chaque jour, des femmes sont victimes d'agression sexuelle soit à la  maison, au travail, à l'école ou dans  la rue.

    • Une enquête de Statistique Canada réalisée en 1993 révèle que  « la moitié de l'ensemble des Canadiennes (51 %) ont été victimes  d'au moins un acte de violence physique ou sexuelle (depuis l'âge de 16 ans). Près de 60 % des femmes qui ont été agressées  sexuellement ont été la cible d'un tel acte plus d'une fois. » (1)
    • Selon une enquête menée en 1984, une femme canadienne sur  quatre sera agressée au cours de sa vie, La moitié de ces agressions  sera perpétrée contre des femmes de moins de 16 ans. (2)
    • Les femmes handicapées sont encore plus vulnérables. Selon une  étude, 83 % de celles qui ont un handicap physique ou mental  seront agressées sexuellement au cours de leur vie. (3)
    • Enfin, d'après un rapport de l'Association des femmes  autochtones de l'Ontario (ONWA), 80 % des femmes autochtones  vivant dans des réserves de l'Ontario ont subi des abus sexuels ou des agressions sexuelles. On estime d'ailleurs que la violence  familiale est huit fois plus répandue chez les peuples autochtones que dans le reste de la population canadienne. (4)

 

MYTHE: Les femmes mentent quand elles disent qu'elles ont été agressées sexuellement parce qu'elles se sentent coupables d'avoir eu des rapports sexuels.

FAIT : Les femmes mentent rarement lorsqu'elles rapportent une agression  sexuelle. D'ailleurs, il est reconnu que les agressions sexuelles sont   rarement déclarées. D'après Statistique Canada, seulement 6 % des cas d'agression sont signalés à la police. (5)

 

MYTHE: Le plus souvent, ce sont des inconnus qui commettent des actes d'agression sexuelle.

FAIT: Les femmes courent plus de danger d'être agressées par des hommes  qu'elles connaissent plutôt que par des inconnus. Parmi les femmes  qui sont agressées sexuellement, on estime qu'entre 45 % (6) et  69 % 7d'entre elles le sont par un homme rencontré au cours d'un  rendezvous amoureux, ou par un amoureux, un conjoint, un ami, un membre de la famille, un voisin, etc.

Vingt (20 %) des jeunes filles au niveau secondaire (8) et quatre  femmes sur cinq au niveau universitaire qui ont participé à des  sondages auraient été victimes d'agressions sexuelles. Vingtneuf (29 %) de ces dernières ont rapporté l'incident. (9)

 Lorsqu'une femme connaît l'homme qui l'a agressée sexuellement,  l'acte d'agression a moins de chance d'être reconnu comme un crime   même aux yeux de la victime. Mais ce geste n'en constitue pas moins un acte criminel au même titre que celui perpétré par un inconnu.

 

MYTHE: La meilleure façon pour une femme de se protéger contre une agression sexuelle est d'éviter d'être seule la nuit dans un endroit sombre et désert, une allée ou un stationnement.

FAIT: La plupart des actes d'agression sexuelle se produisent dans un  domicile privé (60 %), le pourcentage le plus élevé ayant lieu chez la  victime (38 %). L'idée que la plupart des agressions surviennent en  0présence d'inconnus dans des allées sombres peut mener à une  fausse impression de sécurité.  10

 

MYTHE: Lorsque les femmes s'habillent d'une manière « sexy » et qu'elles font des choses plutôt « osées », elles incitent les hommes à les agresser sexuellement. Les femmes qui sont agressées sexuellement « l'ont bien cherché ».

FAIT: L'idée selon laquelle les femmes « le cherchent bien » est souvent  utilisée par des agresseurs qui veulent ainsi justifier leur  comportement. Cette attitude rejette le blâme sur la victime de l'agression, et non sur la personne qui l'a commise.

Les vêtements que disaient porter les victimes d'agression sexuelle et  les comportements qu'elles  affichaient au moment de l'agression  variaient énormément d'une personne à l'autre. Des femmes de tous les âges, de tout type physique, d'origines culturelles, raciales,  religieuses et socioéconomiques  différentes peuvent être agressées sexuellement.

Les femmes ont toujours le droit de refuser des contacts sexuels.   Ce qu'une femme porte, où elle va, ce qu'elle boit ou à qui elle parle  ne veut pas dire pour autant qu'elle demande à être agressée sexuellement. C'est la loi.

 

MYTHE: Les hommes qui agressent sexuellement des femmes sont soit des malades mentaux, soit des hommes qui ont des désirs sexuels excessifs.

FAIT: L'agression sexuelle est un crime de pouvoir, de contrôle et de  violence. Les agresseurs ne sont pas  « malades » ou incapables de  contrôler leurs « pulsions ». Les études et les recherches visant à tracer le profil psychologique du violeur indiquent toutes qu'il s'agit  d'hommes ordinaires, « normaux », moyens. (11)

 

MYTHE: Certains « types » d'hommes sont plus susceptibles d'agresser les femmes.

FAIT: Les hommes qui commettent des actes d'agression sexuelle viennent  de groupes d'âge variés et de milieux socioéconomiques et raciaux  différents. On croit à tort que les hommes de couleur ou  appartenant à la classe ouvrière sont les responsables de la plupart  des agressions, mais cette croyance est basée sur les stéréotypes  ancrés dans des préjugés racistes et dans une perception hiérarchique des classes. Derrière une agression, on peut retrouver le  mari, un membre de la famille, l'employeur, le collègue, le médecin,  l'enseignant ou l'avocat de la femme qui est agressée.

 

MYTHE: Il n'y a pas vraiment d'agression sexuelle si aucune arme n'est utilisée, si aucune violence physique n'est commise.

FAIT: On définit l'agression sexuelle comme tout acte de nature sexuelle  non désiré qu'une personne impose à une autre. Selon le Code  criminel, cela peut aller des attouchements et des baisers non désirés à toute forme de pénétration ou d'attaques sexuelles qui blessent la  victime ou mettent sa vie en danger.

 La plupart des actes d'agression sexuelle sont commis par une  connaissance qui est plus susceptible d'avoir recours à des ruses ou à des menaces.

 

MYTHE : Si une femme n'est pas physiquement blessée au cours d'une agression sexuelle, elle ne souffrira pas d'effets à long terme.

FAIT: Même si elles n'ont pas été blessées, neuf femmes sur dix ayant été victimes d'un incident d'agression sexuelle souffrent de problèmes émotifs. (12)

 

MYTHE: Les femmes ne peuvent être agressées sexuellement par leur « chum » ou leur mari.

FAIT: Il y a agression sexuelle chaque fois qu'une personne refuse d'avoir  des rapports sexuels mais. qu'elle y est forcée  que ce soit dans un  mariage ou lors d'un rendezvous amoureux. Le Comité canadien sur la violence faite aux femmes estime que  38 % des femmes agressées sexuellement l'ont été par leur mari,  conjoint ou « chum ». (13) Au Canada, les agressions sexuelles qui se produisent au sein d'un mariage sont illégales depuis 1983. Peu de  femmes, cependant, rapportent de tels incidents à la police.

RÉFÉRENCES

1 Statistique Canada, « L'enquête sur la violence envers les femmes », Le Quotidien, Ottawa, le 18 novembre 1993.

2 J. Brickman et J. Briere, « Incidence of Rape and Sexual Assault in an Urban Canadian Population », The International Journal of Women's Studies, Vol. 7, n° 3, 1984.

3  Margaret C. Best et Liz Stimpson, 'Courage Above All:' Sexual Assault Against Women With Disabilities , Toronto, Réseau d'action des femmes handicapées (DAWN), 1991.

4 Association des femmes autochtones de l'Ontario (ONWA), Breaking Free  A Proposal for Change to Aboriginal Family Violence , Thunder Bay, 1989.

5 Statistique Canada, 1993.

6 Statistique Canada, 1993.

7 J. Brickman et J. Briere, 1984.

8 DirectionJeunesse, Ayoye !, Ottawa, 1992.

9 W DeKeseredy et K. Kelly, « The Incidence and Prevalence of Woman Abuse in Canadian University and College Dating Relationships: Results From a National Sûrvey», Ottawa, Santé Canada, 1993.

10 Dianne Kinnon, Rapport sur l'agression sexuelle au Canada, Ottawa, Conseil consultatif canadien sur la situation de la femme, décembre 1981.

11 Helen Lenskyj, An Analysis of Violence Against Women: A Manual for Educators and Administrators , Toronto, Institut d'études pédagogiques de l'Ontario , 1992.

12 Statistique Canada, 1993

13. Comité canadien sur la violence faite aux femmes, Nouvel horizon: Éliminer la violence, atteindre l'égalité , Ottawa, 1993.

 

À LIRE

  • Barbara, Schlifer Commemorative Clinic, avec la Direction générale de la condition féminine de l'Ontario, Vos droits : un guide juridique à l'intention des femmes victimes d'agression, Toronto, 1991.
  • Fédération des femmes canadiennes françaises, Femmes d'action, Ottawa, novembre 1992.
  • MacLeod, Linda, Pour de vraies amours... Prévenir la violence conjugale, Ottawa, Conseil consultatif canadien sur la situation de la femme, 1987.
  • Regroupement québécois des Centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel, Les perceptions de la population face aux agressions sexuelles  Sondage d'opinion publique , Sherbrooke, mars 1989.
  • Regroupement québécois des centres d'aide et de lutte contre les agressions à caracère sexuel, Les agressions sexuelles : Ça suffit !, Document d'information sur la problématique des agressions sexuelles et sur les centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel, mars 1993.
  • Centre médicosocial communautaire de Toronto, Assez ! PhotoRoman sur l'agression sexuelle, Toronto, 1992.
  • Union culturelle des FrancoOntariennes, dans Communiqué, « La violence faite aux femmes », Vol. 6, no 4, novembre 1989 ; « La violence faite aux femmes : une alternative à la résistance », Vol. 8 no 4, novembre 1991 ;  « La femme âgée et la violence familiale », novembre 1991.

 

À VOIR

  • Fédération des femmes canadiennes françaises de l'Ontario, La violence démasquée, vidéo, Sudbury, 1993.
  • La Chaîne de TVOntario, S.O.S. Génération en détresse, série télévisuelle accompagnée d'un document ConsultAction et Habitat Interlude, S.O.S. Génération en détresse  Guide d'animation pour des sessions de prévention à la violence faite aux femmes en milieu conjugal, 1989. N° de BPN la série d'émissions : 3461.
  • La Chaîne de TVOntario, Mainmise sur la violence, télécours du Collège universitaire Glendon, Université York, Toronto, 1989, N° de BPN de la série d'émissions : 3690.
  • Office national du film du Canada, pour la Division de la prévention de la violence familiale, Santé et Bienêtre social Canada, Catalogue de documents audiovisuels sur la violence dans la famille, Troisième édition, Montréal, Santé et Bienêtre social Canada, 1993.
  • Union culturelle des FrancoOntariennes, Interdits, Prévention des abus sexuels et de l'inceste, Ottawa, 1993. (Pièce de théâtre destinée aux adolescentes et adolescents)
  • Union culturelle des FrancoOntariennes, Angèle Gagnon, La lumière des mots, Ottawa, 1993. (Vidéo traitant de l'impact du dévoilement des agressions sexuelles)

 

À CONSULTER

  • Centre ontarien d'information en prévention, Prévention de la violence faite aux femmes, Répertoire des ressources, novembre 1992. (nouvelle édition en préparation)
  • Ministère de l'Éducation de l'Ontario, Ça vaut la peine d'en parler ! Bibliographie commentée sur les agressions à caractère sexuel, Toronto, 1992.

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Les fréquentations et les liaisons amoureuses

Des faits dont il faut tenir compte

  • Dans beaucoup de cas d'agression sexuelle, l'agresseur est un homme que la femme fréquente. Lorsqu'un viol survient au cours d'une rencontre ou d'un rendezvous amoureux, on appelle ce type d'agression viol lors d'une fréquentation (« date rage »). Dans d'autres cas d'agression, l'agresseur est quelqu'un que la femme connaît. Il peut s'agir d'un collègue, d'un compagnon de classe, d'un employeur, d'un voisin ou d'un ami. Si l'agression est perpétrée par un homme que la femme connaît, on nomme ce type d'agression viol commis par une connaissance ( « acquaintance rape » )
  • Un viol survenu au cours d'un rendezvous amoureux ou commis par une connaissance est aussi criminel qu'un viol perpétré par un inconnu. On tend cependant à l'ignorer ou à le nier, simplement parce que l'agresseur est familier à la victime.
  • Un p. cent (1 %) seulement des femmes qui ont été violées par une connaissance signalent l'incident aux autorités policières. 1 Plusieurs raisons expliquent cet état de fait : la victime ressent un sentiment de culpabilité ; elle a peur de ne pas être crue et a honte d'avoir été violée. De plus, les services policiers, médicaux et judiciaires, ainsi que les autorités politiques, refusent parfois de reconnaître le viol survenu lors d'une rencontre amoureuse comme abus sexuel ou feignent de le considérer comme un crime.
  • Le Comité canadien sur la violence faite aux femmes rapporte que 31 % des agressions sexuelles se produisent lors dé rencontres ou de rendezvous amoureux. 2
  • « Les jeunes âgés entre 12 et 18 ans ainsi que les adultes ayant moins de 25 ans sont les plus touchés par les agressions sexuelles » 3 Et c'est parmi ce groupe que se trouve la majorité des victimes de viols qui surviennent lors de rencontres ou de rendezvous amoureux. 4
  • Quatre femmes sur cinq étudiant au niveau du baccalauréat dans une université canadienne ont déclaré dans un sondage avoir été victimes de violence physique ou sexuelle au cours d'une rencontre ou d'un rendezvous amoureux. Vingtneuf p. cent (29 %) de ces femmes ont signalé l'incident. 5
  • Les recherches indiquent qu'un nombre surprenant de jeunes hommes et de jeunes femmes croient qu'il est acceptable de forcer une femme à avoir des contacts sexuels. Dans une étude réalisée récemment à Toronto, 31 % des hommes et 22 % des femmes ont répondu par l'affirmative à la question suivante : « Si une femme s'engage à donner et recevoir des caresses et des baisers, estce sa faute si son partenaire la force à avoir des relations sexuelles ? »
  • Une autre étude révèle que 60 % des hommes d'âge collégial admettent qu'ils commettraient des actes d'agression sexuelle s'ils étaient certains de ne pas être punis. 6
  • On s'est rendu compte, dans une enquête réalisée à Toronto auprès de 304 élèves du niveau secondaire, qu'un cinquième (20 %) des jeunes filles avaient connu au moins une forme d'agression sexuelle au cours d'une liaison amoureuse. 7

RÉFÉRENCES

    1 D. Russell, Sexual Exploitation: Rape, Child Abuse and Workplace Harassment, Californie, Sage Publishing, 1984.

    2 Comité canadien sur la violence faite aux femmes, Nouvel horizon : Éliminer la violence, atteindre l'égalité, Ottawa, 1993.

    3 Regroupement québécois des centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel, Les agressions sexuelles : Ça suffit !, Sherbrooke, mars 1993, d'après Sandra E. Nottall, Étude sur les agressions sexuelles à Toronto, Rapport pour spécialistes du Solliciteur du Canada, n° 198912, 1989.

    4 Helen Lenskyj, An Analysis o f Violence Against Women: A Manûal for Educators and Administrators, Toronto, Institut d'études pédagogiques de l'Ontario, 1992.

    5 W DeKeseredy et K. Kelly, The Incidence and Prevalence of Woman Abuse in Canadian University and College Dating Relationships: Results From a National Survey; Ottawa, Santé Canada, 1993.

    6 Lenskyj,1992.

    7 Sherley Mercer, Not a Pretty Picture: An Exploratory Study of Violence Against Women in High School Dating Relationships, Resources for Feminist Research, juin 1988.

 

À LIRE

  • Bushnell, Lucienne et Ina Montoi, Éditions Femmes Racines, La contamination de la violence Programme d'une semaine de sensibilisation à la nonviolence pour les étudiantes de trois niveaux (6 à 9 ans, 10 à 13 ans et 14 à 17 ans), Réseau des femmes du Sud de l'Ontario, septembre 1991.
  • Centre médicosocial communautaire de Toronto, Assez ! Photoroman sur l'agression sexuelle, Toronto, 1992. (Mise en scène de trois scénarios : viol lors d'une fréquentation, viol par une connaissance et violence conjugale.)
  • Centre national d'information sur la violence dans la famille. Santé et Bienêtre social Canada, La violence dans les fréquentations, Ottawa, janvier 1990.
  • DirectionJeunesse, Ayoye !, Ottawa, 1992. (Document d'information et de conscientisation sur la violence faite aux femmes destiné aux jeunes francoontariennes et francoontariens.)
  • Fédération des étudiant(e)s de l'Ontario, Feuillet d'information sur le viol par une connaissance, Toronto, FÉO, février 1989.
  • Lavoie, E, et L. Robitaille, Les relations de couples des jeunes et la violence : Une étude exploratoire, Québec, Université Laval, 1992.
  • Malette, Louise et Marie Chalouh, Polytechnique, 6 décembre, Montréal, Éditions du RemueMénage, 1990.
  • Ministère des Collèges et des Universités de l'Ontario, Lori Haskell, Melanie Randall, Quelques faits importants que les hommes ne devraient pas ignorer sur le sexe, les rencontres et les liaisons amoureuses , Toronto, 1992. (Brochure destinée à la campagne d'éducation pour combattre l'agression sexuelle dans les fréquentations et les relations d'amitié sur les campus collégiaux et universitaires)
  • Montoi, Ina, Réseau des femmes du Sud de l'Ontario, Guide d'animation pour ateliers contre la violence, (chapitre IV  L'agression sexuelle), Québec, Les éditions Françoise Marois, 1991.
  • Ouimette, Johanne, Violence et fréquentations : Pas sans mon chum, Fédération des femmes canadiennesfrançaises, Femmes d'Action, Ottawa, novembre 1992, p. 18.
  • Regroupement québécois des centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel, Les agressions sexuelles : Ça suffit !, Sherbrooke, mars 1993.
  • Union culturelle des FrancoOntariennes, Adolescence : dans l'antichambre de la violence, Communiqué, novembre 1988.
  • VIRAJ, Programme de prévention de la violence dans les relations amoureuses des jeunes. Sessions de sensibilisation et d'information sur la violence dans les relations amoureuses des jeunes s'adressant aux
  • intervenant(e)s du milieu scolaire, Québec, Université Laval, École de psychologie, 1992.

 

À VOIR

  • Centre d'aide aux victimes d'agressions à caractère sexuel, Arrêtez de me prendre, 16 mm et vidéo, coul., 26 min, Productions CEGEM International, TroisRivières, Québec, 1987.

 

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Signaler l'incident

Tenir compte des faits

  • La plupart des agressions sexuelles ne sont pas signalées à la police.
  • Selon Statistique Canada, seulement 6 % de toutes les agressions sexuelles sont déclarées à des autorités policières. (1)
  • Un p. cent (1 %) seulement des femmes qui ont été agressées par une connaissance font une déclaration à la police. (2)
  • Une étude effectuée en Alberta sur les actes d'agression sexuelle commis contre des femmes handicapées révèle que dans 88 % des cas la victime connaît l'agresseur (un membre de la famille, un ami, une connaissance, une personne qui lui fournit des services ou des soins spéciaux), mais que moins de 10 % des agresseurs sont reconnus coupables et 80 % ne sont jamais inculpés. (3)
  • Diverses études donnent les raisons suivantes pour expliquer que les femmes ne signalent pas l'agression dont elles ont été victimes
  • elles croient que la police ne peut rien faire (raison invoquée par SO % des femmes)
  • inquiétude à propos de l'attitude de la police ou du tribunal à l'endroit de l'agression sexuelle (44 %)
  • peur que l'agresseur ne recommence (33 %)
  • peur et honte (64 %). (4)
  • Très souvent, les femmes qui ont subi une agression sexuelle ne signalent pas l'incident car elles craignent de devenir les victimes du système judiciaire.
  • Pour les femmes de couleur, les immigrantes, et les réfugiées, cette peur est aggravée par le racisme.
  • Les femmes qui présentent des handicaps physiques, mentaux ou des difficultés d'apprentissage sont souvent considérées comme manquant de crédibilités.
  • On met souvent en douté la parole des femmes qui travaillent dans le commerce du. sexe.
  • La police, les médecins, les tribunal, et même la famille et les amis mettent en doute les incidents d'agression sexuelle.
  • Lorsqu'une femme est violée par un homme qu'elle connaît, les gens s'imaginent que la victime « a couru après » d'une manière ou d'une autre. Il n'est pas rare que les femmes entendent dire ou se disent ellesmêmes des choses comme : « Après tout, tu as bien bu un verre avec lui » ou « Tu aurais dû t'attendre à ce que quelque chose du genre arrive. »

 

RÉFÉRENCES

    1 Statistique Canada, « L'enquête sur la violence envers les femmes », Le Quotidien, Ottawa, le 18 novembre 1993.

    2 D. Russell, Sexual Exploitation: Rape, Child Abuse and Workplace Harassment, Californie, Sage Publishing, 1984.

    3 D. Sobsey, Infractions sexuelles et victimes handicapées : Étude et conséquences pratiques, VisàVis Bulletin national sur la violence familiale, 6:4, Hiver 1988, Ottawa, Conseil canadien de développement social 12.

    4 Solliciteur général du Canada, Le sondage canadien sur la victimisation en milieu urbain , Bulletin 4 Les femmes victimes d'actes criminels, Ottawa, 1985.

    5 Margaret C. Best et Liz Stimpson, Courage Above All: Sexual Assault Against Women with Disabilities, Toronto, Réseau d'action des femmes handicapées (DAWN), 1991.

 

À LIRE

  • Binder, R.L., «Why Women Don't Report Sexual Assault », Journal of Clinical Psychiatry, 42(11), novembre 1981, p. 437438.
  • Martin, Geneviève, Francine Lavoie et Marie Jacob, La violence faite aux femmes en millieu conjugal étude menée auprès des intervenantes psychosociauxales et des policiersères, cahier 15, Québec, Groupe de recherche multidisciplinaire féministe de l'Université Laval (GREMF),1988.

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Ses répercussions sur la santé

Des faits dont il faut tenir compte

  • Les femmes qui ont ete sexuellement agressees souffrent souvent de graves problemes de sante ou de serieux troubles psychologiques.
  • Statistique Canada indique que les femmes subissent des blessures physiques dans 11 % des cas d'agression sexuelle. (1)
  • « Neuf incidents sur 10 ont entraine (outre des blessures physiques) des consequences emotives chez la victime. » En general, les femmes declarent sentir de la colere, &re plus prudentes, perdre confiance en ellesmemes et avoir peur. (2)
  • Parmi les repercussions psychologiques de Pagression sexuelle, citons : la depression nerveuse, la confusion, les troubles du sommeil comme les cauchemars, les sautes d'humeur, les troubles alimentaires, Panxiete et les retours en arriere (« flashbacks » ).
  • Une agression sexuelle perpetree contre une femme handicapee peut provoquer des reactions physiques graves : chez les femmes souffrant d'une infirmite motrice cerebrale, la difficulte d'elocution, la demarche chancelante ou les spasmes peuvent s'aggraver ; une femme diabetique ou epileptique, par ailleurs, peut avoir une crise. (3)
  • En 1990, une etude effectuee aupres d'un etablissement psychiatrique indiquait que 83 % des femmes de 'echantillon avaient deja ete agressees sexuellement. (4)
  • Des recherches revelent que les femmes qui ont ete victimes d'agression physique ou sexuelle se tournent davantage vers Palcool ou les drogues. Parmi les femmes agressees sexuellement, 20 % prenaient des somniferes et 20 consommaient des tranquillisants. (5)
  • Les femmes qui ont recours au systeme de soins de sante risquent aussi d'etre victimes d'abus sexuels de la part des professionnels de la sante. Selon une etude, 8 % des Ontariennes agees entre 25 et 44 ans ont ete harcelees ou abusees sexuellement par leur medecin. (6)

RÉFÉRENCES

    1 Statistique Canada, « L'enquête sur la violence envers les femmes », Le Quotidien, Ottawa, le 18 novembre 1993.

    2 Statistique Canada, 1993.

    3 Réseau d'action des femmes handicapées (DAWN), Feuille de renseignements sur la violence faite aux femmes handicapées, Toronto, Direction générale de la condition féminine de l'Ontario, 1987.

    4 Temi Firsten, Les femmes hospitalisées dans des établissements psychiatriques ou le rôle des agressions physiques et sexuelles, Toronto, Direction générale de la condition féminine de l'Ontario, 1990.

    5 J. Groeneveld et M. Shain, Drug Abuse Among Victims o f Physical and Sexual Abuse: A Prelirrvinary  Report, Toronto, Addiction Research Foundation, 1989.

    6 Santé et Bienêtre social Canada, Canada Health Monitor Survey, Ottawa, 1991.

À LIRE

Conseil canadien de développement social, « Rompre le silence », Perception, Regard sur les peuples autochtones, automnehiver, Volumes 154/161, 1992, p. 4447.  Article rédigé d'après le document suivant: Association des femmes autochtones de l'Ontario (ONWA), Breaking Free  A Proposal for Change to Aboriginal Family Violence, Thunder Bay, novembre 1989.

Conseil consultatif de l'Ontario sur la condition féminine, Poser des gestes concrets  Les femmes et la santé, Toronto, automne 1989.

Direction générale de la condition féminine de l'Ontario, M. Symons et P. Marshall, Abus de confiance dans les cas d'agression sexuelle : énoncé du problème. Première partie: étude du prononcé des sentences au Canada  Deuxième partie : étude des institutions sociales, Toronto, 1992.

Jean, Michaëlle, « La sexualité blessée », La parole métèque (le magazine du renouveau féministe), Étude sur la violence sexuelle en milieu conjugal préparée pour le Regroupement provincial des maisons d'hébergement et de transition pour femmes victimes de violence, no 3, automne 1987, p. 2934.

MacLeod, Linda, La femme dans la ville : sans refuge, Secrétariat d'État [Ministère du Patrimoine canadien], mars 1989.

Ministère de la Santé de l'Ontario, Mesures concernant l'abus sexuel des patientes, Toronto, octobre 1992.

Réseau d'action des femmes handicapées (DAWN), Jilian Ridington, Se battre contre le sort: les femmes handicapées et la violence, Toronto, mars 1989.

Santé et Bienêtre social Canada, Santé mentale au Canada, Vol. 38, no 2/3, juinseptembre 1990. (Série d'articles concernant les questions liées à la violence familiale et la santé mentale.)

Solliciteur général du Canada, Le sondage canadien sur la victimisation en milieu urbain, Les femmes  victimes d'actes criminels, Ottawa, 1989, Centre d'aide aux victimes d'agression sexuelle, hôpital Women's College, Toronto.

 

Par La Direction générale de la condition féminine de l'Ontario (DGCFO)

Liens en Français

 

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