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La violence psychologique : Comment aider une personne chère à s'en sortir?
La violence conjugale est plus fréquente qu'on peut le croire. La plupart des femmes victimes de violence physique sont également maltraitées sur le plan psychologique.
En revanche, les femmes victimes de violence psychologique ne sont pas toujours maltraitées sur le plan physique. Vous connaissez probablement une femme aux prises avec un conjoint qui la maltraite psychologiquement. Il
peut s'agir d'une amie, d'une sœur, d'une voisine ou d'une collègue de travail. Peu importe la nature de votre lien, il est toujours difficile d'admettre qu'une personne chère se fait maltraiter. Très souvent, les gens
veulent aider mais ne savent pas comment. Pour aider une femme victime de violence psychologique, voici ce que vous pouvez faire :
1. Obtenez des renseignements sur la violence psychologique et les ressources offertes aux femmes.
- Vous n'avez pas besoin de résoudre la situation, mais vous pouvez offrir du soutien et de l'information.
- Consultez les premières pages de l'annuaire téléphonique pour obtenir le numéro d'une ligne de soutien aux victimes de violence ou d'une maison d'hébergement de votre région.
- Renseignez-vous sur la violence psychologique pour être en mesure de comprendre la situation.
- Si la personne ne parle pas le français ou l'anglais, il se peut que certains organismes offrent des services dans sa langue ou aient recours à des interprètes culturels.
- Si la personne est handicapée ou sourde, assurez-vous de l'acheminer vers des services adaptés.
2. Gardez à l'esprit que la violence psychologique a autant d'impact – sinon plus – sur la santé et le bien-être de la victime que la violence physique.
- Les personnes victimes de violence psychologique peuvent contracter différentes maladies, être déprimées ou anxieuses ou encore prendre de l'alcool ou des drogues pour composer avec la situation. La violence
peut aussi aggraver un handicap.
- Encouragez la personne à prendre soin d'elle. Elle accepterait peut-être de parler à un médecin ou un conseiller qui travaille auprès de femmes victimes de violence.
- Si elle a des enfants, il peut lui être difficile de sortir seule. Vous pourriez prendre soin de ses enfants pendant qu'elle consulte un professionnel ou prend un peu de répit.
3. Faites-lui bien comprendre que vous la croyez et que vous prenez la violence psychologique au sérieux.
- Soyez à l'écoute et faites preuve de compréhension. Encouragez-la à parler de sa situation.
- Mentionnez-lui que vous ne répéterez ce qu'elle vous dit à personne.
- Dites-lui que vous vous souciez de sa sécurité et de son bien-être, et que vous voulez lui offrir du soutien. Ne lui dites jamais qu'elle est chanceuse que son conjoint ne la frappe pas.
4. Ne la blâmez pas et n'excusez pas le comportement de son conjoint.
- L'usage de drogues, la perte d'un emploi ou une enfance difficile ne justifie pas le recours à la violence.
- Aucun handicap (chez la victime ou l'agresseur) ne justifie le recours à la violence.
- La violence psychologique n'est jamais due à des croyances culturelles ou spirituelles. Elle est présente dans toutes les cultures.
- Sachez qu'il est normal que la personne nie la situation ou défende le comportement de son conjoint.
- Amenez-la à comprendre que rien ne peut justifier la violence sous quelque forme que ce soit.
5. Aidez-la à assurer sa propre protection
- Sachez que les conjoints violents sur le plan psychologique commettent aussi des agressions physiques, des meurtres et des meurtres-suicides. C'est lorsqu'elles tentent de quitter leur conjoint que les
femmes victimes de violence courent le plus grand risque d'être assassinées.
- Prenez la peur de la personne au sérieux. Il se peut qu'elle ait été menacée par son conjoint et ait peur de lui.
- Rappelez-lui qu'elle peut trouver refuge dans une maison d'hébergement pour femmes victimes de violence.
- Suggérez-lui de préparer un plan d'urgence pour se protéger.
- Encouragez-la à se renseigner sur ses droits et sur les droits de ses enfants.
6. Demandez-lui comment vous pouvez l'aider.
- N'essayez pas de prendre le contrôle de la situation. Son conjoint exerce déjà un contrôle sur elle.
- Souvenez-vous qu'elle prendra les décisions qui conviennent le mieux à sa situation.
7. Aidez-la à prendre conscience de ses forces et à se sentir mieux dans sa peau.
- Les femmes victimes de violence doivent posséder des forces énormes pour répondre aux exigences de la vie quotidienne (vie familiale, enfants, travail, école, etc.).
- La violence psychologique peut considérablement miner la confiance en soi et l'estime de soi.
- La personne peut croire qu'elle sera incapable de vivre de façon autonome.
- Elle peut commencer lentement à retrouver son autonomie, par exemple en retournant aux études ou sur le marché du travail.
- Encouragez-la à fixer des objectifs modestes et réalisables.
8. Respectez sa décision et offrez-lui votre soutien si elle décide de poursuivre la relation. Elle peut ne pas vouloir laisser son conjoint, même si vous croyez que c'est la chose à faire.
- De nombreuses personnes ne comprennent pas à quel point il est difficile de quitter un conjoint violent. Ne dites jamais à la personne que vous seriez parti(e) depuis longtemps.
- Si elle part, elle risque peut-être de perdre son foyer, sa voiture, sa ferme et ses animaux d'élevage, son soutien financier et celui de ses enfants.
- Elle risque peut-être d'être isolée de sa communauté culturelle. Si elle ne parle pas le français ou l'anglais, elle peut avoir peur de se retrouver seule.
- Elle n'a peut-être pas accès aux services de soutien dont elle aurait besoin pour vivre de façon autonome.
- Quand leur conjointe parle de quitter la relation, de nombreux hommes violents menacent d'enlever les enfants ou de les utiliser contre elle.
- Respectez sa décision et dites-lui qu'elle ne perdra pas votre soutien en restant avec son conjoint.
- L'identification de la violence n'est que le premier pas d'un long processus. Les femmes victimes de violence ont souvent besoin de temps pour apporter des changements dans leur vie.
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